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samedi 14 avril 2012

FROMAGERS

On ne se douterait guère que les crieurs de fromage à la crème dont les rues de Paris étaient sillonnées de toutes parts à la belle saison, aient été une des plus anciennes et des plus importantes corporations des vieux temps. A dire le vrai, ils rentraient dans la catégorie des regrattiers, soit des revendeurs, gagne-petit portant de porte en porte leur marchandise et l’offrant aux ménagères ; mais ils avaient reçu comme les autres des règlements dès la fin du règne de saint Louis.


Marchand de fromage au XVe siècle
Aussi bien le fromage n’était-il point d’invention récente au treizième siècle même ; son nom dérivé du mot latin forma, forme, indiquait suffisamment la manière dont on le fabriquait. Dès le neuvième siècle, l’abbé Hilduin en parle dans sa charte aux moines de Saint-Denis, et plus tard Hincmar, dans ses recommandations aux archidiacres, leur enjoint de ne point charger trop les prêtres du diocèse dans leurs tournées pastorales, et de ne leur réclamer que le poisson et le fromage obligés.
Au treizième siècle, les redevances en fromages se payaient couramment ; souvent elles se transformaient en argent comme la plupart des corvées ou des prestations en nature, et elles devenaient un droit, un fermage, qui se louait dans certaines villes comme les droits de boucherie, de vin, ou autres. Nous ignorons si ses variétés étaient aussi nombreuses qu’elles le sont de nos jours, mais il est vraisemblable que les provinces avaient déjà à cette époque leur spécialité comme encore aujourd’hui, suivant qu’elles employaient le lait de vache, de brebis ou de chèvre.

GABARRIER

GABAR(R)IER,(GABARIER, GABARRIER), subst. masc.
* Dans l'article "GABAR(R)E,(GABARE, GABARRE), subst. fém."
A. − MARINE
1. Domaine de la marine de guerre, vieilli.Bâtiments de charge ou de transport. Gabare à trois mâts, du port, de trois à quatre cents tonneaux :
Enfin le lendemain à sept heures du matin, nous laissâmes tomber nos ancres au milieu de quatorze navires français parmi lesquels nous reconnûmes avec plaisir deux bâtiments de l'État, la gabarre la Lionne, et le brick le Lancier. Dumont d'Urville, Voy. Pôle Sud, t. 10, 1846, pp. 17-18.
2. Embarcation plate et pontée qui sert, sur les rivières et dans les ports, à transporter des marchandises, à charger ou à décharger les navires. Gabare à voiles, à rames, à moteur. De lourdes gabares débordantes de marchandises (Flaub., Tentation,1874, p. 22).La Seine, par l'humide matinée de décembre, (...) sous le bras roide des grues démarre des barges d'ordures et des gabarres pleines de tonneaux (Claudel, Connaiss. Est,1907, p. 59).
B. − Bateau de pêcheur (cf. Baudr. Pêches 1827). P. méton. ,,Filet qui ne diffère de la seine que par la grandeur`` (Ac.).
Prononc. et Orth. : [gaba:ʀ]. Ds Ac. dep. 1762. Var. gabarre (Lar. 20e, Pt Rob.). Étymol. et Hist. 1338 (Comptes du trésorier des Guerres, Cout. de Bordeaux, art. 116 ds Gdf. Compl. : nefs, gabarres et autres choses necessaires aus pons et passages sur la riviere de Garonne). Terme de la région de la Garonne et de la région ouest entre Loire et Garonne (cf. 1339, 1394, 1442 gabaro(t)tus, région de la Garonne ds Du Cange; 1400 gabarre, région de Saint-Jean-d'Angély, ibid.), empr. à l'a. prov. gabarra, guabarra « bateau plat à voiles et à rames » (1379-82, Livre de Vie de Bergerac; 1408, 12 sept., Jurade de Bordeaux ds Levy Prov.), lui-même prob. empr., comme l'esp. gabarra (dep. xves., doc. lat. de Fontarabie ds Jal), au basque Kabarra « id. » (ds Griera), gabarra, issu avec métathèse du lat. tardif carăbus « barque recouverte de peaux » (cf. caravelle) : d'apr. FEW t. 2, p. 353 et Cor., le mot basque explique à la fois la localisation géogr. des plus anc. attest., le déplacement de l'accent, k > g, la métathèse et le suffixe.
DÉR.
Gabar(r)ier,(Gabarier, Gabarrier) subst. masc.Patron, matelot d'une gabare; manœuvre qui charge et décharge les gabares. [Des brigandages considérables] s'exerçaient sur la Tamise, au préjudice du commerce [vers 1798] (...) il y avait (...) les Bateliers chasseurs (Game watermen), les Gabariers chasseurs (Game lightermen) (Vidocq, Mém., t. 1, 1828-29, p. 364).− [gabaʀje]. Ds Ac. dep. 1762. Var. gabarrier ds Pt Rob. − 1reattest. 1478 gabarrier (A. N. JJ 205, pièce 17 ds Gdf. Compl.); de gabarre, suff. -ier*.





Une gabare (arre)


mardi 10 avril 2012

GOEMONIER


Le varech (du normand warec, werec signifiant épave, d'origine anglo-scandinave. Anglo-normand wrec du vieux norrois *wrek ou vagrek de même sens), également appelé goémon épave (du breton gouemon, gallois gwymon) en Bretagne et en Normandie. Phaeophyceae constitué par un mélange indéterminé d'algues brunes, rouges ou vertes, laissées par le retrait des marées, et que l'on récolte le long des côtes maritimes, notamment en Bretagne, essentiellement à l'usage d'engrais.
Cette activité de récolte est effectuée par les agriculteurs des communes littorales. Elle ne doit pas être confondue avec la récolte par coupe ou arrachage effectuée par les goémoniers, inscrits maritimes disposant d'une licence spécifique, pour alimenter l'industrie des algues.
En Europe, et surtout en Bretagne-sud, la production naturelle de varech tend à diminuer ; de manière « préoccupante » pour les fucales selon Ifremer et le réseau ReBent qui en assure le suivi (par photographie aérienne, imagerie satellite et relevés de terrain) en France avec le CEVA.

samedi 7 avril 2012

LE GAINIER


La gainerie est l'art de fabriquer des gaines, écrins, fourreaux d’épées, de sabres, de poignards, des boîtes, des portefeuilles, des coffres, des sous-mains, cuirs d’ameublements et autres objets.
L'artisan en gainerie est nommé le gainier, venant du vieux français "Gaisnier", éthymologiquement du mot "gaine" du fait de la gaine d'épée en cuir. Le gainier teinte lui-même ses cuirs et parfois applique une dorure au fer.
Historiquement, la gainerie française se constitua en corporation sous le règne de Louis IX et en corps de jurande en 1323.
En 1560, François II confirma les privilèges de la corporation des gainiers, et les étendit même ; ces règlements demeurent en vigueur jusqu’en 1776 ; à cette époque, la corporation des coffretiers-malletiers disparaît fusionnant dans la corporation des gainiers.

vendredi 6 avril 2012

LE FOULONNIER


Le foulon ou foulonnier, était un ouvrier qui pratiquait le foulage des draps ou/et qui dirige un moulin à foulon. Cet ouvrier « piétinait » les draps et les différents linges à laver en les baignant dans de l'urine humaine, précieux liquide coutant cher à cette époque (vers 79 apr. J.-C.) qui servait de désinfectant. De plus, un impôt avait été créé pour l'urine.
En France, ce métier fut réglementé sous Henri IV qui confia les installations (manufactures) en bailliage à des fermiers contre une redevance.

LE FEUILLARDIER

Le feuillardier était, le plus souvent, un ouvrier travaillant à l'exploitation de taillis de châtaignier achetés par un marchand de bois. Ce dernier lui payait le façonnage du feuillard au millier de pièces.

   

ETAMEURS


Étameurs - En général

Les étameurs (ganomatides, kalaїtzides) étaient des artisans qui s’occupaient de la réparation des ustensiles en cuivre, connue comme étamage (revêtement d’étain des articles de cuivre), tandis que parfois eux-mêmes étaient aussi de chaudronniers (fabricants des ustensiles en cuivre). Le métier de l’étameur était très commun et profitable, car, jusqu’ au milieu du 20e siècle, plusieurs ménages possédaient beaucoup d’articles en cuivre (casseroles, plaques de four, marmites, couteaux et fourchettes, lanternes, objets ecclésiastiques etc.) qui s’oxydaient à cause de l’usage. Mais à part de l’usure de leur apparence extérieur, les ustensiles rouillés pouvaient provoquer aussi des intoxications (au moins les ustensiles de cuisine). Le métier de l’étameur, comme la plupart des métiers d’artisanat, était transmis d’une génération à l’autre, du père au fils, ou par l’ apprentissage des jeunes qui travaillaient avec des vieux artisans. Les étameurs pratiquaient leur métier, soit en tenant un atelier, soit comme marchands ambulants en se déplaçant d’un village à l’autre où d’habitude ils restaient jusqu’ à étamer tous les ustensiles des habitants.